Les arts plastiques sont une brèche qui rend possible, dans la singularité d’un ici et maintenant, un vécu de sensations et de savoirs inattendus. Partant de ce postulat, l’ambition de ce site est d’exemplifier cette invitation de l’art au dépassement. La densité de la création contemporaine illustre l’infinie réinvention de ce langage dont la métamorphose des formes et des fonds reste sans trêve.

 

Les propos tenus ici sont le fruit d’une lecture subjective, mais raisonnée de divers événements qui construisent la scène artistique contemporaine. Il s’agit de suivre l’actualité artistique, sans pour autant s’y soumettre, et de proposer des textes au sujet d’artistes et d’expositions qui ont retenu mon attention. Ainsi, on trouvera ici le fil d’un regard sur des œuvres, des artistes ou des expositions ne jouissant d’aucune actualité ou au contraire s’y trouvant en plein cœur.

 

Les monologues

 

Pris dans son acception théâtrale, le terme « monologue », choisi pour nommer cet espace, reflète une conception personnelle du travail de l’artiste ou plus précisément de la relation artiste-public. Comme un monologue – discours que le personnage adresse à lui-même pour inscrire ses réflexions et sentiments dans un extérieur intime, l’œuvre de l’artiste est d’abord le résultat de sa façon singulière de penser puis de raconter le monde, l’humain, l’art. Le monologue et l’œuvre ont ainsi en commun une dimension introspective qui leur est inhérente. Ensuite, en tant que morceau d’une pièce de théâtre, le monologue est destiné à être entendu par un public, de même que l’œuvre est destinée à être vue par des visiteurs. Ainsi, envisager l’œuvre d’un artiste comme un monologue, c’est la penser comme la cristallisation d’un soi adressée à une double audience, soi et les autres.

 

Sandrine Honliasso